Maroc: Interpol annule un mandat d'arrêt à l'encontre du militant Mohamed Hajib

mohamed hajib

L'Organisation internationale de police criminelle (Interpol) a annulé un mandat d'arrêt émis contre l'éminent activiste maroco-allemand, Mohamed Hajib, à la suite des procédures d'appel soumises à l'instance internationale, qui a ainsi statué que M. Hajib n'avait fait qu'exerçer son droit  d'expression et d'opposition en tant que simple citoyen.
Le parquet marocain avait émis un mandat d'arrêt international contre M. Hajib, pour son opposition aux autorités marocaines.
M. Hajib avait précédemment été arrêté au Maroc, et était resté en détention pendant une période de 7 ans, puis libéré le 17 février 2017. Alkarama  a traité son affaire par le biais des mécanismes des droits de l'homme des Nations Unies. M. Hajib  venait de  retourner en Allemagne pour ouvrir une page en son nom sur Facebook et avait commencé à publier des vidéos sur la plateforme YouTube critiquant les autorités marocaines. Ces activités politiques n'ont pas été du goût des autorités marocaines qui voyaient en M. Hajib un opposant à la monarchie marocaine.
Le Maroc a appelé les autorités allemandes à le poursuivre sous les allégations d'incitation à des actes "terroristes" et d'invitation du peuple marocain à y participer, mais la justice allemande a estimé qu'il n'avait fait qu'user de son droit d'opposition de manière pacifique. Suite à cet échec du gouvernement marocain dans sa démarche avec les autorités allemandes, le gouvernement marocain a émis un mandat d'arrêt international contre lui.
En fin de compte, le Comité de suivi d'Interpol a décidé de révoquer ce mandat d'arrêt se fondant, dans le cadre des raisons de l'annulation de la décision, sur une publication d'une décision du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire se rapportant au cas de M. Hajib.   


L'action d'Alkarama

Auparavant, le 26 juillet 2011, Alkarama avait écrit au Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire concernant le cas de M. Hajib après qu'il ait été arrêté à l'aéroport de Casablanca en février 2010 alors qu'il venait de Francfort (Allemagne), puis placé en détention. M. Hajib avait alors été torturé  et contraint de signer des aveux sur la base desquels il a été condamné à 10 ans de prison.

En novembre 2012, après avoir reçu une lettre d'Alkarama sur le cas de Mohamed Hajib, le Groupe de travail des Nations Unies sur la question de la détention arbitraire a qualifié son arrestation d'arbitraire en raison de sa «condamnation sur la base d'aveux extorqués sous la torture» et a appelé le gouvernement marocain à le  «libérer immédiatement et le compenser adéquatement».
Dans sa décision sur le cas de M. Hajib, le groupe de travail des Nations Unies a indiqué que «le gouvernement marocain a limité sa réponse en niant avoir extorqué des aveux sous la torture et sans fournir la preuve qu'il avait mené des enquêtes indépendantes et transparentes sur les allégations à son encontre  ou encore sans fournir de preuve matérielle contre l'accusé pendant le procès (..) de plus, les aveux sur lesquels est basée la condamnation ont été obtenus en l'absence d'un avocat de la défense».
Dans le cadre de ses efforts pour  défendre les droits de M. Hajib, Alkarama s'est également adressée, le 30 octobre 2018, au Comité des Nations Unies contre la torture, afin que le Comité  exhorte le gouvernement marocain à mener une enquête approfondie sur toutes les violations dont la victime a fait l'objet, et pour lui faire  obtenir une compensation pour les graves préjudices subis.

 

 

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