Arabie saoudite: deux expertes expriment leur déception face au manque de sanctions dans l'affaire Khashoggi

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Deux expertes des Nations Unies ont exprimé leur déception face à l'absence de mesures et de sanctions des Etats-Unis d'Amérique après avoir publié les conclusions du rapport concernant l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat saoudien d'Istanbul en Turquie en octobre 2018, et ont demandé que les responsables soient tenus de rendre des comptes.

Alkarama et d'autres organisations ont demandé l'intervention urgente du Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires  concernant le cas du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Alkarama a également soulevé de nombreux cas de violations en Arabie saoudite, dont celui de l'assassinat brutal du journaliste Jamal Khashoggi. Son rapport a été soumis au Conseil des droits de l'homme en mars 2018 alors qu'elle préparait l'examen périodique universel (EPU) de l'Arabie saoudite, outre les cas autres de répression contre des militants, des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme pour avoir simplement exercé leur droit fondamental à la liberté d'expression.

La position des Nations Unies
Agnès Callamard, la Rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, et Irene Khan, la Rapporteure spéciale pour la promotion et la protection du droit à liberté d'opinion et d'expression, ont salué le rapport américain publié qui reconnaît que: " le véritable dirigeant de l'Arabie Saoudite a donné son feu vert pour l'assassinat de Khashoggi."
Lors d'une conférence de presse à Genève, en réponse aux questions des journalistes, Agnès Callamard, a salué le rapport qui s'inscrit dans la continuité de son enquête précédente. Elle a déclaré que le fait que le rapport américain mentionne le prince héritier Mohammed bin Salman comme "responsable de l'opération qui a conduit à l'assassinat de M. Jamal Khashoggi" est important car il montre la transparence des États-Unis.
Mais elle a ajouté : "D'un autre côté, j'ai été déçue, et le suis toujours. Tout d'abord, en ce qui concerne les faits, le rapport ne présente rien de nouveau. Il a son importance, mais je m'attendais à plus de preuves matérielles censées exister, mais elles n'ont pas été déclassifiées".
Elle a fait remarquer que, jusqu'à présent, les États-Unis n'ont annoncé aucune mesure visant à exploiter les conclusions du rapport.
Elle a déclaré : " Il est très difficile, de mon point de vue, si ce n'est dangereux, que de reconnaître l'erreur et le péché d’une personne, de le lui notifier et dire, nous ne ferons rien, continuez sur votre lancée. C'est comme si nous n'avons rien fait ".

Des journalistes ont été tués
Pour sa part, Irene Khan, la Rapporteure spéciale pour la promotion et la protection du droit à liberté d'opinion et d'expression, a déclaré :  "Vous savez probablement que seulement 12% des meurtres de journalistes font l'objet d'enquêtes et de poursuites. C'est donc un nombre effroyable dans le monde. Et les États-Unis devraient prendre des sanctions."
Elle s'est félicitée de la publication du rapport, mais a en même temps exprimé sa déception sur la question de l'impunité de l'Arabie Saoudite, déclarant : "les États-Unis n'ont pas jugé opportun de prendre des mesures plus fermes à ce stade. Ils ont annoncé des sanctions liées à Khashoggi, et j'espère qu'elles seront appliquées".
L'experte indépendante, Agnès Callamard, a appelé les États-Unis à agir en fonction des résultats et à imposer des sanctions au prince héritier saoudien, déclarant ainsi: " Le président Biden a annoncé pendant sa campagne électorale  protéger la liberté de la presse et déclara une nouvelle ère pour la politique basée sur les droits de l'homme, mais a ensuite refusé d'infliger des sanctions à l'homme qui est en fin de compte responsable du meurtre de Jamal Khashoggi, ce qui est très préoccupant. "
Il convient de noter que les rapporteurs spéciaux et les experts indépendants sont nommés par le Conseil des droits de l'homme à Genève, qui est un organe intergouvernemental chargé de la promotion et de la protection des droits de l'homme dans le monde.
Les rapporteurs et les experts sont chargés d'étudier la situation des droits de l'homme et de soumettre des rapports à ce sujet au Conseil des droits de l'homme. Il convient de noter également que ce poste est honorifique, car ces experts ne sont ni employés des Nations unies ni rémunérés pour leur travail.

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