Palestine: condamnation par l'ONU d'Israël suite à la répression d'un militant des droits humains

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Deux experts des droits de l'homme de l'ONU ont appelé Israël à cesser immédiatement d'utiliser les outils de sécurité militaire pour «faire obstacle au travail légitime des défenseurs des droits de l'homme». Cela fait suite à une décision du tribunal militaire israélien du 6 janvier 2021 de condamner le militant palestinien des droits humains Issa Amro pour six chefs d'accusation liés à ses activités en faveur des droits humains entre 2010 et 2016.

Le jugement du militant est prévu le 8 février 2021, mais dans un communiqué, Michael Link, rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé et Mary Lawlor, rapporteure spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, ont exprimé leur crainte qu’Issa Amro ne soit condamné à la prison.
En 2016 il a été jugé par un tribunal israélien pour 18 chefs d'accusation remontant à 2010 dont la participation à une manifestation pacifique sans autorisation ce qui d'après les experts est contraire aux nouveaux développements du droit international des droits de l’homme. 

Auparavant, Alkarama a travaillé sur le cas de l'avocate et défenseuse palestinienne des droits humains Sherine Al-Issawi, qui a été détenue pendant 3 ans et demi, jusqu'à sa libération le 17 octobre 2017, lorsque Sherine et ses deux frères, Shadi et Medhat , ont été arrêtés en mars 2014 et ils ont été inculpés de «coopération avec des acteurs opérant contre Israël», pour être libérés plus tard. 
D'après les experts : « Cela s’inscrit dans un schéma clair et systématique de détention et d’intimidation par Israël des défenseurs des droits humains, un modèle qui s’est récemment intensifié. »  
En Cisjordanie, où les violations des droits de l'homme sont le quotidien des palestiniens,  un grand nombre de palestiniens ont choisi la voie du journalisme et de la défense des droits de l'homme. Les colonies ne cessent d'augmenter et le nombre de colons qui viennent s'installer de l'autre côté du mur, parfois chassant les palestiniens de leurs terres en toute impunité et sous la protection de l'armée israélienne, est de plus en plus croissant. Le cas d'Issa Amro n'est donc que la partie visible de l'iceberg dans un Etat où l'armée israélienne se donne tous les droits pour réduire au silence les journalistes,  les militants pacifistes et les militants des droits de l'homme. Les individus interpellées et arrêtées sont souvent représentées par des avocats israéliens et jugés par des tribunaux israéliens ce qui rend leur jugement injuste puisque les conditions de leur défense leur sont imposées.
Les journalistes qui couvrent les manifestations pacifistes sont très régulièrement la cible de l'armée qui n'hésite pas à gazer et même à tirer à balle réelle sur eux. Pour exemple, citons le cas du journaliste et photographe indépendant  Muath Amarneh qui perdit un oeil alors qu'il couvrait un rassemblement à Surif, dans la région palestinienne d’Hébron – territoire occupé par Israël. Son cas provoqua une vague d'indignation et les journalistes du monde entier postèrent des photos d'eux en cachant un oeil en soutien à la liberté d'expression et de manifestation.
L'armée israélienne  exécute régulièrement de façon arbitraire  des palestiniens mais le discours israélien est toujours le même et utilise le motif du terrorisme pour couvrir ses crimes et faire peur à la population palestinienne d'une part pour la dissuader de s'insurger et d'autre part  à la population israélienne  pour la séparer encore plus de la population palestinienne dans un processus d'apartheid de plus en plus grandissant.

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