Yémen : un rapport de l'ONU confirme l'implication des parties au conflit, notamment l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, dans de graves violations des droits de l’homme

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Un Groupe d'experts internationaux des Nations Unies sur le Yémen  a déclaré qu'il existait des preuves crédibles que l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, les Houthis, le gouvernement yéménite et le Conseil de transition du Sud ont commis des crimes de guerre et d'autres violations au Yémen.
Le Groupe a ajouté dans son troisième rapport, intitulé : « Le Yémen ... Une pandémie d'impunité au pays de la torture » que 112000 personnes ont été tuées dans la guerre au Yémen, dont 12000 civils. Alkarama dénombre toujours de nombreux cas de violations flagrantes au Yémen, commises par les différentes parties au conflit, et soumet des plaintes à leur sujet aux procédures spéciales des Nations Unies. Alkarama s’efforce par ailleurs de médiatiser les cas  et oeuvre pour que les auteurs des violations rendent compte de leurs actes.
Selon les experts de l'ONU, les violations des droits de l'homme qui ont été vérifiées comprennent les exécutions sommaires, les disparitions forcées, la détention arbitraire, la violence sexiste, y compris la violence sexuelle, la torture et d'autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le recrutement et l'utilisation d'enfants dans les hostilités, le déni du droit à un procès équitable et les violations des libertés fondamentales ainsi que des droits économiques, sociaux et culturels.
Le Groupe d'experts a conclu que certaines des frappes aériennes de la coalition saudo émiratie semblaient avoir été menées sans tenir dûment compte des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution visant à protéger les civils et les infrastructures à caractère civil. Il a également conclu que des attaques aveugles avaient été menées par la coalition et les Houthis et avaient causé des dommages aux civils.
Le Groupe a rappelé que de telles attaques constituent des crimes de guerre au regard du droit international coutumier. L'équipe d'experts a aussi enquêté sur les effets des mines terrestres placées illégalement par les Houthis.En outre, le Groupe d'experts a conclu que les parties sont responsables d'autres violations du droit international humanitaire, en particulier le meurtre de civils, la torture, les traitements cruels ou inhumains, le viol et d'autres formes de violence sexuelle, les atteintes à la dignité de la personne, le refus à un procès équitable et le recrutement d'enfants de moins de 15 ans pour participer activement aux hostilités, ce qui peut constituer des crimes de guerre.
Le chef du Groupe, Kamel Al-Jendoubi, a déclaré que le Yémen est toujours une terre tourmentée et que sa population est détruite de manière choquante, tenant la communauté internationale pour responsable afin de veiller à ce que l'impunité ne soit pas consacrée. Le groupe d'experts a exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à renvoyer la situation au Yémen devant la Cour pénale internationale, notant que toutes les parties au conflit sont responsables de graves violations, y compris des crimes de privation du droit à la vie, de détention arbitraire, de violences sexuelles et de torture.
Dans le même contexte, le rapport du Groupe d’experts a indiqué qu’il avait trouvé des preuves confirmant l’implication des Houthis dans le recrutement de plus de trente filles en tant qu’espionnes, ambulancières, gardiennes et membres d’une force connue sous le nom de Zainabiyat. Le rapport a souligné qu'une génération d'enfants yéménites a été exposée à des préjudices incommensurables, du fait du recrutement, des abus et de la privation d'éducation.
Il a confirmé la documentation de 259 cas d'enfants qui ont été recrutés et utilisés dans les hostilités par plusieurs parties, de juillet 2019 à juin 2020.
Les experts appellent enfin la communauté internationale à envoyer un message clair selon lequel les auteurs des violations les plus graves seront tenus pour responsables de leurs actes. Le Conseil de sécurité devrait pleinement intégrer les aspects liés aux droits de l’homme au Yémen dans son ordre du jour. Il devrait renvoyer la situation du Yémen devant la Cour pénale internationale et élargir la liste des personnes couvertes par ses peines.

 

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