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تطورات الأحداث وحقوق الإنسان

La région arabe connaît, depuis plusieurs jours, des développements militaires rapides à la suite des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, suivies de frappes iraniennes visant des installations américaines dans des pays du Golfe. Ces évolutions ont conduit à un élargissement du conflit et à une aggravation des risques qui menacent la sécurité et la stabilité régionales, avec des répercussions politiques, économiques et humanitaires sur l’ensemble des peuples de la région. 

Ces développements interviennent alors que demeurent encore présents dans les esprits les images de la guerre d’extermination particulièrement atroce menée par Israël contre la bande de Gaza, dont les opérations militaires se sont également étendues au Liban. Ces actions ont entraîné un nombre considérable de victimes civiles et une destruction à grande échelle des infrastructures civiles, notamment les hôpitaux, les centres d’hébergement et les installations vitales, ainsi que l’imposition d’un blocus total et la destruction systématique des moyens de subsistance. Toutes ces pratiques constituent des violations flagrantes des règles du droit international humanitaire et du droit international, et se déroulent dans un contexte de silence, voire de soutien et de complicité politique et militaire de la part de grandes puissances internationales, ce qui affaiblit le système de justice internationale et consacre un double standard dans l’application des règles du droit international. 

Dans ce contexte, Alkarama souligne que miser sur une protection étrangère ou compter sur des alliances militaires extérieures comme garantie permanente de sécurité et de stabilité demeure un pari risqué. Les expériences dans la région ont d’ailleurs souvent montré qu’il s’agit d’un pari perdant qui ne permet pas d’assurer une sécurité durable. La véritable sécurité des États ne découle pas tant d’arrangements de puissance extérieure que d’une légitimité interne solide fondée sur le respect des droits humains, la primauté du droit et la construction d’une relation de confiance mutuelle entre l’État et ses citoyens. 

Le directeur d’Alkarama, l’avocat Rachid Mesli, a déclaré : « Les peuples qui sentent que leur dignité est respectée et que leurs droits sont protégés sont les seuls capables de défendre leurs patries et de se mobiliser pour les protéger face aux défis extérieurs. » avant de poursuivre : « Le renforcement des libertés publiques, la libération des prisonniers d’opinion et l’ouverture de l’espace public à la participation politique constituent des étapes essentielles pour consolider ce contrat national, qui représente la véritable garantie de la sécurité et de la stabilité dans la région. » 

« Le renforcement de la sécurité et de la stabilité ne peut être atteint par des approches uniquement militaires ou sécuritaires, mais exige un traitement profond des crises politiques et des problématiques liées aux droits humains dans la région, au premier rang desquelles figurent le respect des droits humains et la garantie des libertés fondamentales. » a également souligné Me Mesli avant d'ajouter : « Les expériences internationales ont démontré que la stabilité durable est étroitement liée à la primauté du droit et au respect des droits civils et politiques, notamment la liberté d’expression, la liberté d’association et le droit de participer à la vie politique. La poursuite de politiques de répression et de restrictions des libertés contribue à creuser le fossé de confiance entre les gouvernements et les sociétés et affaiblit la capacité des États à faire face aux défis extérieurs. » 

Dans ce contexte, Alkarama rappelle la nécessité de mettre fin aux pratiques d’arrestation arbitraire et aux poursuites visant les défenseurs des droits humains et les militants pacifiques dans les pays arabes, notamment en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, où de nombreux militants, universitaires et défenseurs des droits demeurent emprisonnés et font face à de lourdes condamnations pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression et d’opinion. 

Les mécanismes des Nations Unies, à la suite de plaintes déposées par Alkarama, ont conclu que la détention dans plusieurs affaires concernant des militants pacifiques en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis constituait une détention arbitraire, dans le cadre d’un schéma plus large d’utilisation des lois antiterroristes pour criminaliser l’expression pacifique des opinions. 

Sur cette base, Alkarama appelle les gouvernements arabes — notamment en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, en Égypte, en Irak et en Algérie — à prendre des mesures concrètes pour instaurer la confiance avec leurs peuples dans cette phase sensible de l’histoire de la région. Parmi ces mesures figure en priorité la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers d’opinion, défenseurs des droits humains et opposants politiques détenus pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux. 

Elle appelle également à mettre fin aux pratiques liées à la détention arbitraire et aux procès inéquitables, à réviser les législations relatives à la lutte contre le terrorisme et à la sécurité nationale afin de garantir qu’elles ne soient pas utilisées pour restreindre les libertés publiques, et à ouvrir l’espace public à la participation politique et à l’expression pacifique des opinions. 

Alkarama estime que la libération des prisonniers d’opinion pourrait constituer un geste symbolique et important vers une véritable réconciliation entre l’État et la société, et contribuer à renforcer l’unité nationale face aux risques régionaux croissants. La période actuelle que traverse la région exige de renforcer la cohésion interne des États en élargissant la participation politique et en consolidant l’État de droit, et non en restreignant l’espace de la société civile ou en réduisant au silence les voix critiques. 

Alkarama souligne également que la lutte contre le terrorisme ou la réponse aux défis sécuritaires ne peuvent servir de prétexte pour violer les droits fondamentaux, le droit international des droits humains imposant aux États une obligation claire de protéger ces droits même en situation d’urgence. Enfin, la construction d’un front intérieur solide fondé sur la confiance entre l’État et la société constitue une condition essentielle pour protéger les États arabes des répercussions des conflits régionaux croissants. 

Dans cette perspective, Alkarama réaffirme que la dignité humaine dans le monde arabe, ainsi que les droits et les libertés fondamentales, ne constituent pas un luxe politique, mais une condition essentielle pour garantir la survie des États et assurer la stabilité, la sécurité et la paix dans la région.