Djibouti: Refus de remise liberté provisoire pour les opposants de Dikhil arbitrairement détenus depuis le 18 septembre

Refus de remise liberté provisoire pour les opposants de Dikhil arbitrairement détenus depuis le 18 septembre

Alkarama et la Ligue Djiboutienne des droits humains (LDDH) réitèrent leur appel du 22 septembre aux autorités djiboutiennes à libérer des membres de l'opposition arrêtés par la gendarmerie le 18 septembre 2015 lors d'une manifestation pacifique à Dikhil, une ville du sud-ouest de Djibouti. Actuellement détenues à la prison de Gabode, ces personnes ont vu leur demande de remise en liberté provisoire rejetée par le Tribunal des flagrants délits lors de leur audition le 27 septembre. Privées du droit à un avocat, de médecin et de visite, ces personnes détenues pour avoir exprimé leurs opinions de manière pacifique comparaîtront à nouveau devant le tribunal le 4 octobre 2015.

Le 18 septembre 2015, aux alentours de 11h, la gendarmerie à procédé à l'arrestation d'une cinquantaine de jeunes partisans de l'Union pour le Salut National (USN) – la coalition de l'opposition à Djibouti – et du Mouvement des Jeunes de l'Opposition (MJO), y compris Abdoulkarim Djama Guedi, Hamze Reyeh Hassan, Yahye Elmi Younis et Mahamoud Robleh Miré. Celles-ci avaient participées à une manifestation pacifique dans les rues de Dikhil en protestation contre le projet de quatrième mandat de l'actuel président Ismail Omar Guelleh. Le même jour, les autorités sont venues arrêter Ibrahim Hassan Abdi, député élu pour l'USN et Said Ali Miguil, responsable USN à Dikhil. L'un des locaux de l'USN à Dikhil a aussi fait l'objet d'une perquisition par la gendarmerie et divers effets et matériels ont été saisis.

Après plusieurs jours de garde-à-vue illégale par la gendarmerie, la majorité des opposants ont été relâchés les 21 et 22 septembre 2015, dont Frah Ali Ismael, Mahado Jano, Youssouf Ali Ismaël et Kadir Ali Ismaël. Durant leur détention, ces personnes n'ont pas pu bénéficier d'un avocat ni voir leurs familles, tandis que d'autres ont rapportées avoir été maltraitées. Les six personnes mentionnées précédemment ont quant à elles été déférées devant le parquet de Djibouti le 22 septembre et ont été placées en mandat de dépôt à la prison centrale de Gabode pour comparution devant le Tribunal des flagrants délits le 27 septembre en vertu d'accusations de « manifestation illégale ».

Toujours privées de leur droit à voir un avocat et à recevoir des visites durant leur détention, elles ont comparu devant le tribunal qui a finalement renvoyé l'affaire au 4 octobre 2015. Les demandes de liberté provisoire déposées par Me Zakaria Abdillahi Ali, avocat et président de la LDDH, ont alors été refusées, quand bien même ces personnes ne présentent aucun danger pour l'ordre public djiboutien. Elles restent donc détenues à la prison de Gabode sans que leurs familles ne puissent les visiter simplement pour avoir exprimé leurs opinions de manière pacifique et pour leurs affiliations avec l'opposition politique à Djibouti.

Alors qu'Alkarama et la LDDH ont envoyé un appel urgent au Rapporteur Spécial des Nations Unies sur le droit de réunion pacifique et d'association (RS RPA) le 22 septembre pour demander aux autorités djiboutiennes de libérer Abdoulkarim Djama Guedi, Hamze Reyeh Hassan, Yahye Elmi Younis, Mahamoud Robleh Miré, Ibrahim Hassan Abdi et Said Ali Miguil, les deux organisations réitèrent leur appel pour leur relaxe. Alkarama et la LDDH appellent à nouveau les autorités à mettre un terme au harcèlement constant des opposants politiques à Djibouti et garantir un dialogue démocratique et pluraliste dans le pays.

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