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Algérie: Une manifestation pacifique de familles de disparus violemment réprimée

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Le 30 septembre 2016, Alkarama a saisi en urgence le Groupe de travail sur les disparitions forcées et involontaires (GTDFI) des Nations Unies du cas de 20 défenseurs des droits de l'homme et membres de familles de disparus violemment interpellés la veille par la police alors qu'ils manifestaient pacifiquement devant le siège de l'assemblée nationale à Alger.

Il s'agit de Naima Fergani, Louisa Saker, Abdelaziz Nasereddine, Hakima Chambazi, Fatiha Nateche, Farida Ouaghlissi, Abdalla Benaoum, Yacine Khaldi, Slimane Hamitouche, Mohamed Lahlou, Nassereddine Rarbou, Rabah Mahrouche, Saadi Chihoub, Redha Amroud, Mostapha Guira, Noureddine Abdelaziz, Abdelouahab Belguassemi, Meissoum Benzarouk, Fatima-Zohra Boucharef et Zohra Souasse.

Cette manifestation pacifique, organisée le 29 septembre par la Coordination nationale des familles de disparus (CNFD) à l'occasion du 11e anniversaire de l'ordonnance portant Charte pour la paix et la réconciliation nationale, avait pour but de dénoncer l'amnistie des auteurs de graves violations des droits de l'homme commises durant la guerre civile et de revendiquer le droit à la vérité et à la justice pour les familles des disparus. Des défenseurs des droits de l'homme et d'anciens prisonniers politiques des camps d'internement du Sud du pays se sont joints aux familles de disparus pour leur apporter leur soutien.

Vers 10h30 du matin, alors que la manifestation se déroulait dans le calme, des policiers de la wilaya d'Alger sont violemment intervenus en battant et en traînant à terre les manifestants, y compris des femmes âgées, avant de les emmener, les uns vers le commissariat de Diar Saada et les autres vers celui de Mohammadia. La plupart des manifestants ont exigé, avant d'être libérés, d'être examinés par des médecins afin de faire constater leurs blessures. Cependant, à la clinique où ils ont finalement été emmenés par la police, certains médecins ont exigé d'examiner les femmes nues ou en short et, face à la résistance de ces dernières, ont refusé de constater leurs blessures pourtant visibles sur leurs visages et sur leurs membres.

Cette vague d'arrestations s'inscrit dans un contexte général d'intimidation et de représailles à l'égard des défenseurs des droits de l'homme et des familles de disparus en Algérie. Il faut rappeler que la Charte pour la paix et la réconciliation nationale de 2006, interdit toute poursuite contre les éléments des forces de sécurité qui ont commis des crimes durant la guerre civile et criminalise tout acte visant à « nuire à leur honorabilité » ou à ternir « l'image de l'Algérie sur le plan international ».

Ces dispositions sont systématiquement brandies par les autorités algériennes pour justifier leur refus de coopérer avec les mécanismes onusiens de protection des droits de l'homme sur la question des disparitions forcées. Le Comité des droits de l'homme (CDH) et le Comité contre la torture (CAT) de l'ONU ont appelé les autorités algériennes à abroger les dispositions de cette Charte qui amnistie des auteurs de violations graves constitutives de crimes contre l'humanité.

Alkarama appelle donc les autorités algériennes à respecter leurs obligations internationales en cessant de violer le droit des familles de disparus de se réunir et de manifester pacifiquement pour réclamer justice et vérité sur le sort de leurs proches.

Pour plus d'informations ou une interview, veuillez contacter media@alkarama.org (Dir: +41 22 734 10 08).