Le 2 février 2026, Alkarama a soumis à la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes et les filles une communication concernant la situation de Mme Kholoud MOKHTARI, ressortissante marocaine victimes de représailles liées à son militantisme pacifique.
Violations fondées sur le genre
Scénariste et militante des droits humains, mère de deux enfants, Mme Kholoud MOKHTARI est prise pour cible en raison de son engagement public mais également de son soutien actif à son époux, le journaliste M. Soulaimane Raissouni. Actif sur les réseaux sociaux et particulièrement critique des autorités, le journaliste avait fait l’objet d’une arrestation dont le caractère arbitraire avait été reconnu par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire (GTDA).
À mesure que sa parole s’est affirmée dans l’espace public et international, les pressions à l’encontre de Mme MOKHTARI se sont intensifiées. Elles ont pris la forme de campagnes de diffamation, d’atteintes répétées à sa vie privée, de harcèlement médiatique et numérique ainsi que de surveillance et d’actes d’intimidation. Ces violences, explicitement fondées sur le genre, ont cherché à discréditer sa parole, à l’atteindre dans sa dignité et à entraver la poursuite de son engagement.
Le cas de Mme MOKHTARI illustre l’instrumentalisation de la vie privée et du rôle de mère pour réduire au silence les femmes engagées qui dénoncent des violations ou recourent aux mécanismes internationaux.
En documentant ces faits, Alkarama a mis en lumière des atteintes croisées à la vie privée, à la liberté d’expression et aux droits des femmes. Pour en saisir toute la portée, elle a mobilisé plusieurs mandats des Nations unies, dont ceux relatifs à la vie privée, à la liberté d’expression et à la discrimination à l’égard des femmes, révélant l’imbrication des violences fondées sur le genre et les restrictions aux libertés fondamentales.
Absence de recours effectifs internes
La communication a souligné l’absence de protection effective au niveau national. Malgré de nombreuses démarches, aucune enquête sérieuse n’a été engagée et aucune mesure n’a été prise par les autorités du Royaume du Maroc pour mettre fin aux atteintes aux droits de la victime, la plaçant dans une situation de vulnérabilité, rendant indispensable le recours aux procédures spéciales des Nations Unies.
À travers cette saisine, Alkarama a appelé les experts onusiens à exhorter les autorités à cesser immédiatement toutes formes de harcèlement et de représailles, à engager des enquêtes indépendantes et impartiales sur les violations commises et à garantir un droit à réparation effectif et adapté aux préjudices subis par la victime.