Le 12 mai 2026, Alkarama a soumis au Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires (GTDFI) les cas de trois frères syriens, Fouad Ahmed Doum, Maher Ahmed Doum et Reda Ahmed Doum, arrêtés arbitrairement puis disparus à Homs en septembre 2011.
Le sort inconnu des frères DOUM
Le 7 septembre 2011, les trois frères se trouvaient dans le quartier d’Al-Bayada (Homs), près d’un centre médical, lorsque des membres des services de sécurité syriens ont mené une vaste campagne d’arrestations visant de nombreux jeunes hommes du quartier. Selon plusieurs témoins oculaires, les frères Doum ont été emmenés de force à bord de véhicules vers une destination inconnue.
Comme tant d’autres familles syriennes, leurs proches sont depuis restés suspendus à l’attente d’un signe, d’une information, d’une vérité. Au fil des années, des informations fragmentaires ont émergé concernant deux d’entre eux.
Fouad Ahmed Doum, qui était soldat, aurait été aperçu à la prison d’Al-Balouni (prison militaire de Homs également connu sous le nom d’Al Roubai) en 2014, selon le témoignage d’un ancien détenu ayant partagé sa cellule. Maher Ahmed Doum aurait quant à lui été détenu à la prison de Saydanaya en 2017. L’ancien codétenu ayant transmis cette information a pu fournir à la famille des détails personnels précis concernant Maher, notamment les noms et âges de ses deux enfants, confirmant ainsi la crédibilité de son témoignage. Depuis lors, aucune nouvelle n’a été obtenue sur leur sort ni sur celui de Reda Ahmed Doum.
Alors que de très nombreux détenus arrêtés par le régime d’Assad ont été libérés par les nouvelles autorités, la famille des victimes reste quant à elle toujours sans nouvelles des siens, raison pour laquelle elle sollicite Alkarama afin d’être accompagnée dans ses démarches pour faire toute la lumière sur le sort de leurs proches disparus, après plus d’une décennie d’angoisse et d’incertitude.
Alkarama poursuit son engagement
Bien avant le déclenchement du conflit syrien, Alkarama documentait déjà les cas des disparitions forcées, de détentions arbitraires et de torture en Syrie en saisissant les mécanismes des Nations Unies compétents.
Avec le début de la guerre et l’augmentation massive des violations, Alkarama a continué de soumettre des cas au Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires, accompagnant les familles dans leur quête de vérité et de justice.
Alors que la Syrie entre progressivement dans une phase de stabilisation et de reconstruction, Alkarama entend poursuivre et renforcer le suivi de ces dossiers afin de contribuer à l’établissement du sort des victimes disparues et à la reconnaissance du droit des familles à connaître la vérité, en étroite collaboration avec les différentes procédures des Nations Unies.