Le 15 juillet 2026, Alkarama a soumis une contribution au Comité des droits de l'homme des Nations Unies (CdH) dans le cadre de l'élaboration de son projet d'Observation générale sur l'article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), consacré à la liberté d'association.
Par ce projet d'Observation générale, le Comité entend préciser la portée des obligations des États au titre de l'article 22 et fournir des orientations sur son interprétation et sa mise en œuvre. Dans le cadre de cette consultation, il a invité les organisations de la société civile et les autres parties prenantes à partager leur expertise et leurs recommandations.
Forte de plus de vingt années de documentation des violations des droits humains dans le monde arabe et de l'expérience acquise auprès des mécanismes des Nations Unies, Alkarama a ainsi soumis une contribution mettant en lumière les pratiques qui restreignent de manière récurrente la liberté d'association dans la région MENA.
S'appuyant sur des cas documentés dans plusieurs pays arabes, la contribution met notamment en évidence la criminalisation des organisations indépendantes, le recours abusif aux législations relatives à la sécurité nationale et à la lutte contre le terrorisme pour réprimer les activités associatives pacifiques, les restrictions au financement de la société civile ainsi que les représailles visant les acteurs coopérant avec les mécanismes des Nations Unies.
Elle s'appuie notamment sur les poursuites engagées contre les membres de l'Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA), l'affaire « UAE94 » aux Émirats Arabes Unies et la répression du Hirak en Algérie.
Elle revient également sur les mesures de représailles subies par Alkarama elle-même, notamment le rejet de sa demande de statut consultatif auprès de l'ECOSOC, malgré une recommandation favorable du Comité chargé des ONG, ainsi que la fermeture arbitraire de ses comptes bancaires en Suisse, deux situations illustrant les obstacles auxquels peuvent être confrontées les organisations de défense des droits humains.
À travers cette contribution, Alkarama invite le Comité à préciser que la protection garantie par l'article 22 s'étend également aux formes informelles et décentralisées d'organisation collective, que les organisations indépendantes ne peuvent être criminalisées en raison de leurs activités pacifiques ou de leur absence d'enregistrement, que les motifs de sécurité nationale et de lutte contre le terrorisme ne sauraient être invoqués de manière abusive pour restreindre la liberté d'association et que les organisations doivent pouvoir accéder à des financements ainsi que coopérer librement avec les mécanismes internationaux de protection des droits humains, sans craindre de représailles.
Par cette contribution, Alkarama réaffirme son engagement à mettre son expertise au service des travaux des organes conventionnels des Nations Unies afin de contribuer au développement du droit international des droits de l'homme et au renforcement de la protection de la société civile et des défenseurs des droits humains dans le monde arabe.