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Algérie : Répression d'une manifestation pacifique devant le palais de justice de Laghouat

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Le 23 février 2015, Alkarama a saisi le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit de réunion pacifique et d'association concernant l'arrestation de huit activistes par la police algérienne lors d'une manifestation pacifique qui s'est déroulé le 28 janvier 2015 devant le tribunal de Laghouat en soutien à Mohamed Reg, militant du mouvement des chômeurs de Laghouat.

Le 22 janvier, Mohamed Reg a été interpellé près de son domicile par la police venue sur les lieux pour, selon la version officielle, appréhender un voleur. Il a alors lui-même été arrêté au prétexte d'avoir « refusé de coopérer » avec une policière qui lui posait des questions. Présenté devant le procureur du tribunal de Laghouat ce dernier a décidé de le déférer devant le tribunal correctionnel pour l'audience du 28 janvier 2015.

Ce jour là, un sit-in pacifique a été organisé devant le tribunal de Laghouat par de nombreux jeunes, dont plusieurs membres de l'association de défense des chômeurs de Laghouat, pour exprimer leur soutien à Mohamed Reg. Cependant, quelques minutes après le début de la manifestation pacifique, un grand nombre de policiers sont arrivés sur les lieux et ont procédé à plusieurs arrestations.

C'est ainsi que Belkacem Khencha, Bekouider Faouzi, Brahimi Belelmi, Bensarkha Tahar, Djaballah Abdelkader, Mazouzi Benallal, Azzouzi Boubakeur et Korini Belkacem, militants du Comité national de défense des chômeurs (CNDDC) ont été arrêtés et emmenés au commissariat de la ville où ils ont été placés en garde à vue.

Le lendemain, 29 janvier, ils ont été présentés devant le procureur du tribunal de Laghouat qui les a inculpé « d'atteinte au respect de l'autorité », « outrage à magistrat », « pression sur les décisions des magistrats » et « attroupement » avant d'ordonner leur placement en détention dans l'attente de leur audience de jugement fixée au 4 février 2015.

Au jour du procès le 11 février 2015, en dépit de l'absence de tout élément légal permettant de justifier des poursuites, ils se sont vus condamnés à un an de prison. Le même jour, les huit activistes ont entamé une grève de la faim illimitée pour protester contre cette décision estimant que celle-ci avait un caractère purement politique et était en réalité motivée par leur appartenance au mouvement de défense des chômeurs et à leur participation régulière à toutes les manifestations de protestation des citoyens du Sud.

En Algérie, si l'état d'urgence instauré en 1992 a été formellement levé le 24 février 2011, les autorités continuent à restreindre la liberté de réunion et d'association d'une manière drastique en réprimant toute manifestation, fût-elle pacifique.

Ainsi les défenseurs des droits de l'homme, les militants d'associations indépendantes non reconnues par les autorités, les syndicalistes ou toutes personnes revendiquant leurs droits fondamentaux sont empêchés de manifester et violemment réprimés par la police qui procède à des arrestations et à l'ouverture de poursuites judiciaires de manière systématique.

Cette nouvelle condamnation s'inscrit clairement dans le cadre de cette campagne de répression menée par les autorités algériennes en violation des droits garantis par la Constitution et viole les principes du droit international tel que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Ayant interjeté appel de leur condamnation, leur affaire sera à nouveau jugée par la Cour de Laghouat le 11 mars prochain. Leurs proches craignent aujourd'hui que leur condamnation ne soit confirmée et qu'ils poursuivent leur mouvement de grève de la faim entamée suite à leur condamnation.

Alkarama appelle les autorités algériennes à respecter leurs obligations internationales en mettant un terme à toutes mesures de représailles contre les huit activistes et en procédant immédiatement à leur libération.

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