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مسؤولان أمميان

Deux hauts responsables des Nations Unies ont appelé l’Organisation à traduire ses engagements en matière de droits humains en améliorations tangibles dans la vie des populations, alors que les conflits se multiplient, les crises humanitaires s’aggravent et les discriminations persistent à travers le monde. Ils se sont exprimés devant la Troisième Commission de l’Assemblée générale, chargée des questions sociales, humanitaires et des droits de l’homme. Il s’agit du président de l’Assemblée générale, Khalil Rahman, et du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk. 

Le président de l’Assemblée générale a appelé à replacer les populations au cœur de l’action des Nations Unies, plutôt que de privilégier les procédures, rappelant que l’efficacité de l’Organisation ne saurait se mesurer au seul nombre de résolutions adoptées. « Le véritable test pour cette Commission ne réside pas dans le nombre de résolutions qu’elle adopte, mais dans leur capacité à changer concrètement la vie des personnes et des communautés », a-t-il déclaré. 

Pour sa part, le Haut-Commissaire Volker Türk a plaidé en faveur d’une mobilisation accrue face à un monde marqué par les divisions, les conflits armés, les bouleversements climatiques et l’accélération des transformations technologiques. Il a dénoncé l’influence d’intérêts puissants qui tendent à présenter le recul démocratique et la dégradation de l’environnement comme des évolutions inéluctables. « L’histoire démontre pourtant le contraire : les peuples continuent de résister à l’oppression, de dénoncer les injustices et de défendre les valeurs universelles », a-t-il affirmé. Le Haut-Commissaire a également alerté sur le nombre de conflits armés en cours dans le monde, qui dépasse désormais 60, un niveau sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment évoqué l’augmentation des pertes civiles et les attaques contre les infrastructures civiles en Ukraine, l’extension du conflit au Yémen, la poursuite de la guerre au Soudan, la reprise des hostilités dans le nord de l’Éthiopie et le lourd bilan humain parmi les civils palestiniens à Gaza, malgré l’annonce d’un cessez-le-feu. Il a également dénoncé les frappes aériennes au Myanmar et rappelé que plus d’un million de réfugiés rohingyas demeuraient privés de toute perspective de retour dans des conditions de sécurité. 

Volker Türk a enfin rappelé que la défense des droits humains supposait que chacun soit traité sur un pied d’égalité devant la loi. Il a mis en garde contre les tentatives de certains États puissants de se soustraire à cette exigence en revendiquant un traitement d’exception. Toute remise en cause de l’universalité des droits humains menace non seulement les États directement concernés, mais l’ensemble de la communauté internationale. « Le droit n’est pas facultatif, il constitue une garantie fondamentale de justice et de sécurité », a-t-il rappelé. 

Alkarama : un engagement constant aux côtés des victimes 

Ces appels des Nations Unies font écho à l’engagement porté par Alkarama depuis sa création : placer la personne humaine au cœur de son action en faveur des droits humains dans le monde arabe. Depuis plus de deux décennies, l’organisation documente les cas de disparition forcée, de détention arbitraire, de torture et d’exécution extrajudiciaire, et porte les plaintes des victimes et de leurs familles devant les mécanismes des Nations Unies. Elle saisit notamment le Groupe de travail sur la détention arbitraire, le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires, les rapporteurs spéciaux et les organes conventionnels, et contribue au processus de l’Examen périodique universel. Par ce travail, Alkarama contribue à réduire le décalage entre les engagements internationaux et leur mise en œuvre sur le terrain, en transformant les violations documentées en démarches concrètes auprès des instances compétentes, assorties d'un suivi régulier et d'actions visant à obtenir justice et réparation. 

L’action d’Alkarama va au-delà de la documentation des violations et du recours aux mécanismes internationaux. L’organisation œuvre également à la promotion d’une culture des droits humains à travers ses rapports, ses communiqués et ses campagnes de sensibilisation. Elle renforce les capacités des avocats, des militants et des journalistes à mobiliser les mécanismes internationaux de protection et accompagne les victimes et leurs familles afin que leurs voix soient entendues au sein des instances des Nations Unies. 

Dans une région où les conflits et la répression s’intensifient tandis que les espaces d’expression se réduisent, Alkarama poursuit son action pour que le droit international soit une garantie effective et non une simple déclaration de principe. Elle réitère son appel à garantir la responsabilité des auteurs de violations et le droit des victimes à obtenir réparation, à mettre fin à l’impunité, à libérer les personnes détenues arbitrairement, à établir le sort des personnes victimes de disparition forcée, à protéger les journalistes et les défenseurs des droits humains contre les poursuites et les intimidations, et à renforcer la coopération effective entre les gouvernements, les mécanismes des Nations Unies et la société civile.