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أسرى الحرية - مصر

Alkarama s’associe à une campagne de défense des droits humains consacrée aux prisonniers d’opinion et aux détenus politiques en Égypte, lancée par plusieurs organisations à l’occasion de la 62e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève. 

L’Égypte siège actuellement au Conseil des droits de l’homme pour le mandat courant jusqu’en 2028 et participe à cette session en qualité de membre à part entière. 

Les mécanismes du Conseil concernent directement l’Égypte au regard du grand nombre de plaintes et de communications déposées concernant la liberté d’expression, la torture, les détentions et les conditions carcérales. 

Les conclusions de l’Examen périodique universel (EPU) de l’Égypte, tenu en janvier 2025, devraient également être abordées au cours de cette session, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre des recommandations relatives aux libertés fondamentales, à l’indépendance de la justice, aux conditions de détention, à la détention provisoire, à la liberté des médias et au travail des organisations de la société civile. 

Ce sont précisément ces questions qu’Alkarama met en avant de manière constante depuis plusieurs années. 

Texte de la déclaration : 

Lancement de la campagne : « Les captifs de la liberté dans les prisons égyptiennes » 

Depuis plus de dix ans, l’expression « prisonniers d’opinion » est utilisée pour désigner les dizaines de milliers de personnes détenues dans les prisons égyptiennes. Pourtant, cette appellation ne reflète plus la réalité ; elle contribue même à masquer une situation particulièrement grave. 

Dans son acception juridique, un « prisonnier » est une personne détenue conformément à la loi, présentée au parquet après son arrestation, jugée par une juridiction impartiale et remise en liberté après avoir purgé sa peine. 

Or, la réalité observée aujourd’hui dans les prisons égyptiennes est celle d’une détention politique illimitée qui s’exerce en dehors de tout cadre légal. 

C’est dans ce contexte que l’Organisation Justice pour les droits humains et les organisations signataires annoncent, à l’occasion de la 62e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le lancement de la campagne « Les captifs de la liberté dans les prisons égyptiennes », sous le slogan : « Ce ne sont pas des prisonniers, ce sont des captifs. » 

Le nombre de personnes détenues pour des motifs politiques en Égypte dépasse les 60 000, tandis que plus de 3 000 cas documentés de « rotation » ont été recensés. Ce mécanisme a été condamné par le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire en raison de son incompatibilité avec le droit d’être jugé dans un délai raisonnable. 

Cette campagne ne vise pas seulement à dénoncer de nouvelles violations ; elle constitue également une démarche indispensable pour qualifier cette réalité avec exactitude. 

Les mesures arbitraires qui privent des milliers d’opposants et de militants d’opinion de plusieurs années de leur vie démontrent clairement l’existence d’un système qui retient ses victimes en otage et transforme les prisons en véritables camps d’internement politique au moyen de mécanismes permanents et systématiques, parmi lesquels : 

  • Les procès de façade : Ils servent de couverture juridique pour justifier le maintien en détention pour une durée indéterminée. 

  • La politique de rotation : Elle est utilisée comme un mécanisme de détention sans limite permettant de replacer immédiatement les victimes en détention dès qu’une décision de remise en liberté est rendue ou qu’une peine arrive à son terme. 

  • La privation de soins médicaux et de visites : Elle est pratiquée quotidiennement comme une méthode délibérée de souffrance visant à briser la volonté des détenus et à les conduire progressivement vers une mort lente. 

Dans ce contexte, qualifier ces victimes de simples « prisonniers » revient à accorder une apparence de légitimité à leur détention. 

Il s’agit de captifs de la conscience et de la conviction. Notre responsabilité aujourd’hui est de faire reconnaître cette qualification auprès de la communauté nationale et internationale ainsi qu’auprès de l’opinion publique. 

Pour atteindre cet objectif, nous appelons les défenseurs des droits humains, les organisations de défense des droits humains et les médias à rejoindre cette campagne et à adopter son discours afin de mettre fin à l’usage de qualificatifs trompeurs et de défendre la dignité des captifs de la liberté. 

Nous lançons donc cette campagne autour de revendications fondamentales et indissociables, qui constituent le minimum nécessaire pour mettre un terme à cette tragédie humaine : 

  1. L’abolition immédiate de la politique de « rotation » et la libération immédiate de toutes les personnes ayant purgé leur peine ou bénéficié d’une décision de remise en liberté, leur réincarcération constituant un véritable enlèvement;

  2. La suppression de la détention provisoire illimitée et le retour à son caractère exceptionnel et temporaire prévu par la loi, au lieu de son utilisation comme sanction politique déguisée pouvant durer des années;

  3. L’ouverture des prisons à un contrôle international indépendant par l’octroi d’un accès immédiat aux lieux de détention aux commissions internationales spécialisées et aux organisations indépendantes de défense des droits humains, ainsi que par la fin des pratiques systématiques de mauvais traitements;

  4. La poursuite des responsables et la fin de l’impunité en engageant la responsabilité de toutes les personnes ayant contribué à la mise en place de ce système de captivité, des décideurs aux exécutants des politiques de torture et de privation au sein des établissements pénitentiaires;

  5. La garantie du droit à un procès équitable; 

  6. L’amélioration des conditions de détention, l’accès aux soins médicaux et de santé, ainsi que le rétablissement du droit de visite dont certains captifs sont privés depuis des années. 

Rejoignez-nous et soutenez la campagne à travers le hashtag : #Freedom_Captives_in_Egypt 

Organisations signataires

  1. Organisation Justice pour les droits humains — Turquie 

  2. Organisation internationale EFDI — Belgique 

  3. Association des victimes de la torture — Genève 

  4. Human Rights Monitor — Londres 

  5. Tawasol pour les droits humains — Pays-Bas 

  6. Conseil des droits des Égyptiens — Genève 

  7. AlKarama pour les droits humains — Genève 

  8. Organisation Free Voice pour les droits humains — Paris 

  9. Organisation de solidarité pour les droits humains — Genève 

  10. Centre CEDAR d’études juridiques — Liban