Alkarama a appris que les autorités syriennes sont parvenues à rapatrier le jeune Syrien Azmi Derri Mohamed Al Haddar dans son pays, après 18 ans de détention arbitraire et de souffrances dans les prisons irakiennes, en lien avec une accusation de franchissement illégal des frontières et d’appartenance à un groupe armé, pour laquelle il avait été condamné à 15 ans de prison.
La famille d’Al Haddar a exprimé sa reconnaissance pour les efforts d’Alkarama dans le suivi du dossier de leur fils, qui a pu reprendre une vie normale dans son pays, et appelle Alkarama à exhorter le nouveau gouvernement syrien à intensifier ses efforts pour rapatrier les citoyens syriens détenus à l’étranger, ainsi qu’à accélérer l’amélioration de la situation des droits humains dans le pays après des décennies de répression et d’intimidation exercées par l’ancien régime.
Alkarama avait adressé, le 15 septembre 2023, un appel urgent au Comité des Nations Unies sur les disparitions forcées concernant le citoyen syrien détenu arbitrairement en Irak, Azmi Derri Mohamed Al Haddar, afin d’empêcher son expulsion vers la Syrie, où sa vie était en danger et où il risquait la disparition forcée et la torture par l’ancien régime, qui a fait de la Syrie l’un des pires pays au monde en matière de droits humains et de disparitions forcées.
Alkarama a appris que les autorités irakiennes avaient transféré le 10 septembre 2023 le jeune Al Haddar de la prison d’Al-Rusafa à Bagdad vers le département de résidence à Karrada, en vue de sa déportation vers la Syrie.
Action précédente d’Alkarama
Auparavant, le 11 mai 2023, Alkarama avait lancé un appel urgent au Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, afin qu’il exhorte l’Irak à s’abstenir de renvoyer Azmi Derri Mohamed Al Haddar vers les autorités de Damas.
Al Haddar est né en mars 1992 dans une tribu bédouine à Homs, en Syrie, et a été arrêté en décembre 2006, alors qu’il n’avait que 14 ans, par les forces américaines à la frontière irako-syrienne. Après avoir été remis à l’armée irakienne, Al Haddar a été contraint sous la torture d’avouer qu’il appartenait à une organisation terroriste, ce qu’il a toujours fermement nié. Il a ensuite comparu devant un tribunal irakien sans avocat et a été condamné à 15 ans de prison à l’issue d’un procès inéquitable, pour franchissement illégal de frontière et appartenance à un groupe terroriste.
Al Haddar a été détenu arbitrairement sans procès dans la prison d’Al-Rusafa, anciennement appelée « transferts », un centre de détention utilisé pour les expulsions, avant d’être transféré au département de résidence à Karrada, puis en Syrie.