Le 22 août est célébrée la Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violence en raison de leur religion ou convictions, instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 73/296, adoptée le 28 mai 2019.
À cette occasion, Alkarama exprime une nouvelle fois sa préoccupation face à la forte augmentation, dans différentes régions du monde, des actes de violence et de discrimination visant des personnes en raison de leur religion ou de leurs convictions. Elle dénonce en particulier les politiques répressives et les persécutions dont sont victimes les minorités musulmanes dans de nombreux pays, dans un contexte marqué par l’islamophobie et la montée des discours de haine à l’encontre des musulmans, notamment de la part de l’extrême droite.
Au cours des derniers mois, des organisations de défense des droits humains et des organismes de suivi de la situation des musulmans à travers le monde ont fait état d’une augmentation des crimes de haine anti-musulmans, des discriminations systémiques et des attaques contre les mosquées, largement alimentées par les discours politiques de l’extrême droite, notamment en ligne.
À Londres, par exemple, les données du service de veille TellMAMA font état de 1 031 signalements d’actes de haine visant les musulmans au cours du seul premier semestre 2026, soit davantage que le nombre total enregistré sur l’ensemble de l’année 2023. Au Royaume-Uni, 27 attaques visant 25 mosquées ont été recensées en l’espace de trois mois. En Allemagne, plus de 4 000 incidents anti-musulmans ont été documentés en 2025. En France, les actes antimusulmans ont augmenté de 88 % en 2025.
Aux États-Unis, le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) a reçu 8 683 signalements d’incidents visant des musulmans en 2025. Les musulmans sont confrontés non seulement au harcèlement et aux discriminations sur leur lieu de travail, ainsi qu’à des attaques visant des institutions communautaires et des mosquées, comme l’attaque contre le Centre islamique de San Diego en mai 2026, qui a fait trois morts, mais également à des manifestations de haine dans les établissements d’enseignement supérieur, où des étudiants musulmans ont fait état d’actes d’intimidation et d’entraves à l’exercice de leurs pratiques religieuses.
Face aux défis croissants qui menacent la coexistence pacifique à travers le monde, Alkarama réaffirme son engagement à lutter contre toutes les formes de discrimination et de violence et à œuvrer en faveur d’un monde plus juste, respectueux de la dignité de chaque être humain, indépendamment de sa religion ou de ses convictions.
Alkarama exprime également sa pleine solidarité avec les victimes de toutes les formes de violence fondée sur la religion ou les convictions et appelle les gouvernements à assumer leurs responsabilités en protégeant toutes les communautés religieuses sans discrimination, en garantissant l’État de droit et l’égalité des chances, et en adoptant et mettant rapidement en œuvre des législations réprimant les crimes de haine et les violences fondées sur la religion. Elle les appelle également à poursuivre les auteurs et instigateurs de tels actes, à abolir toute loi ou pratique discriminatoire à l’encontre de tout groupe religieux ou ethnique, et à mener un travail politique et culturel continu pour combattre les discours de haine, l’extrémisme et le racisme, tout en promouvant, par l’éducation, les médias et les institutions culturelles, des valeurs humaines communes.