Une affaire de faux visa de pèlerinage à La Mecque dont M. Amr Abdelfattah et son épouse ont été victimes en France a basculé, après un contrôle de police près de la Mosquée sacrée, dans l’arbitraire le plus absolu.
C’est ce que dénonce Alkarama en saisissant le Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations Unies (GTDA) le 24 août 2026.
M. Amr Abdelfattah, 41 ans, marié et père de trois enfants, post-doctorant et chercheur en informatique, est incarcéré en Arabie saoudite depuis plus de deux ans sous prétexte de terrorisme.
Arrêté le 16 juin 2024 à la suite d’une altercation verbale avec un policier qui le contrôlait, cet ingénieur français avait vivement protesté contre son attitude particulièrement irrespectueuse et agressive.
C’est la raison pour laquelle il a été brutalement emmené au commissariat local, où il lui a été reproché d’être en possession d’un faux visa de pèlerinage, mais surtout d’avoir critiqué et reproché à l’agent son comportement agressif.
Dès le lendemain, il a été transféré à la prison de haute sécurité de Dhahban, près de Djeddah, où il a été détenu au secret pendant plus de trois mois, totalement isolé du monde extérieur.
Au fil des interrogatoires, qui se sont déroulés sans avocat et dans des conditions humiliantes, une affaire initialement liée à un faux visa et à de prétendus insultes envers un policier s’est transformée en une affaire de terrorisme, en l’absence de preuves ou d’éléments matériels.
Plusieurs visites consulaires effectuées depuis juin 2024, n’ont pas permis de lui assurer une protection adéquate et un traitement humain M. Abdelfattah, ayant continué à subir brimades et mauvais traitements au cours de sa détention.
Il a finalement été déféré le 25 août dernier la Cour pénale spécialisée de Riyad, une juridiction d’exception compétente en matière de crimes terroristes, qui l’a condamné à huit ans de prison pour « insulte au gouvernement saoudien », en violation de toutes les garanties à un procès équitable.
Mandatée par la famille de la victime, Alkarama avait d’abord soumis son cas au Groupe de travail sur les disparitions forcées des Nations Unies, obligeant le gouvernement saoudien à reconnaître officiellement sa détention.
Cette reconnaissance n’a pas empêché M. Amr Abdelfattah de continuer d’être victime d’actes de torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, au point d’avoir dû être évacué d’urgence vers l’hôpital après une violente agression physique des gardiens.
Dans sa communication transmise aux experts onusiens, Alkarama a soulevé les graves et multiples violations des droits fondamentaux de la victime, notamment son droit d’être traité avec humanité et son droit à un procès équitable.
Alkarama appelle le Groupe de travail sur la détention arbitraire à exhorter les autorités saoudiennes à libérer immédiatement M. Amr Abdelfattah et à respecter leurs obligations internationales en matière de droits humains.
Elle appelle également le gouvernement français, à accorder toute son attention à cette affaire et à intervenir en urgence auprès des autorités saoudiennes afin d’obtenir la libération de M. Abdelfattah et de garantir, conformément à ses obligations, la protection de ses droits fondamentaux.