We are sorry, this content is not available in this language.

Algérie : les proches du blogueur Amir DZ victimes de représailles

.

Au cours du mois d’octobre 2018, les autorités algériennes ont tenté d’entraver les activités du blogueur algérien Amir Boukhors, connu sur les réseaux sociaux sous le nom d’Amir DZ, en exerçant des pressions sur ses proches en Algérie alors que celui-ci vit actuellement en France.

Estimant qu’il s’agit de mesures de représailles ainsi que d’une atteinte flagrante à l’exercice pacifique du droit à la liberté d’expression, Alkarama a adressé une communication urgente au Rapporteur spécial de l’ONU sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression (FRDX) le 25 octobre 2018.

Le 13 octobre, le père d’Amir Boukhors a reçu une convocation l’appelant à se présenter dans les plus brefs délais au département des investigations de la gendarmerie d’Alger situé à plusieurs centaines de kilomètres de son domicile situé à Takhmaret dans la Wilaya de Tiaret. L’institution est actuellement dirigée depuis juillet dernier par le général Ghali Belkcir.

Compte tenu de son âge avancé, il n’a pas été en mesure de se rendre dans la capitale. Les gendarmes ont en conséquence procédé à une perquisition de son domicile durant laquelle ils ont ordonné au père de contacter son fils afin qu’il cesse de critiquer les autorités algériennes sur sa page Facebook.

Dix jours plus tard, le frère d’Amir Boukhors a été arrêté sans mandat de justice par la gendarmerie et emmené à Alger où il a été interrogé au siège de la direction nationale de la Gendarmerie. Il a été présenté devant le procureur de la république du tribunal d’Alger à 11 heures du soir sans la présence de son avocat. Le 25 octobre 2018, il a été inculpé pour « chantage », déféré devant le juge d’instruction et placé en détention. Le frère du blogueur n’a pourtant aucune activité politique ou militante.

Par ailleurs, il convient de signaler l'arrestation des journalistes Abdou Semmar, Adlène Mellah et Merouane Boudiab entre les 22 et 24 octobre 2018. Ces derniers ont été présentés le 25 octobre devant le tribunal pénal de Said Hamdine et le tribunal correctionnel Abane Remdane.

Amir Boukhors a fui l’Algérie en 2012 et vit actuellement en France où il publie régulièrement sur sa page Facebook des contenus critiques à l’égard des autorités algériennes. Il dénonce notamment des affaires de corruption impliquant des responsables de l’Etat algérien et leurs proches. Ses propos ont trouvé un écho non négligeable en Algérie puisque sa page Facebook est suivie par plus de deux millions d’internautes.

Les représailles visant les internautes dissidents, les lanceurs d’alerte et les défenseurs des droits de l’homme sont monnaie courante en Algérie à l’image de celles ayant visé Rafik Belamrania qui avait été arrêté à Jijel en 2017  et condamné en première instance à cinq année de prison ferme après avoir publié sur les réseaux sociaux la décision du Comité des droits de l’homme (CDH) reconnaissant la responsabilité des forces armées algériennes dans l’assassinat de son père en 1995.

Dans sa plainte au Rapporteur spécial de l’ONU, Alkarama appelle ce dernier à demander aux autorités algériennes la libération immédiate du frère du blogueur. Ces dernières ont l’obligation légale de s’abstenir de toute mesure susceptible d’entraver l’exercice pacifique du droit à la liberté d’expression du blogueur en conformité avec l’article 19 du Pacte international des droits civils et politiques (PIDCP) ratifié par l’Algérie en 1989.

Pour plus d'informations ou une interview, veuillez contacter media@alkarama.org (Dir: +41 22 734 10 08).

 

Our Videos