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Le Prix Alkarama 2014 honore l’engagement d’une avocate palestinienne envers la non-violence comme seul « chemin vers la paix »

Genève, le 13 décembre 2014

Le 11 décembre 2014, la Fondation Alkarama a présenté son 6ème Prix annuel pour les défenseurs des droits de l'homme dans le monde arabe à l'avocate et militante des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés, Shireen Issawi, en reconnaissance de son courage et de sa bravoure dans la défense des droits des prisonniers palestiniens. La cérémonie, tenue au Centre œcuménique de Genève, a porté essentiellement sur la stratégie de résistance non-violente du peuple palestinien, un angle rarement reporté dans les grands médias.

S'exprimant à la cérémonie étaient présents les experts de l'ONU et du droit international, Richard Falk, Norman Finkelstein et Alfred de Zayas, ainsi que la première femme palestinienne à avoir été élue à la Knesset, Haneen Zoabi, et les personnalités politiques suisses, Ruth-Gaby Vermot-Mangold et Guy Mettan. En l'absence de Shireen, arrêtée par les autorités israéliennes le 6 mars 2014 lors d'une vague de répression contre les avocats défendant les prisonniers palestiniens, le prix a été remis à ses parents, Layla et Tarek Issawi.

À l'ouverture de la cérémonie, Rachid Mesli, directeur juridique d'Alkarama a déclaré: « Des milliers de Palestiniens sont détenus arbitrairement par simple décision administrative, y compris de nombreux enfants. [...] C'est pour avoir dénoncé ces violations et consacré sa vie à la justice et la liberté du peuple palestinien que Shireen Issawi se retrouve également aujourd'hui en prison, accusée – comme nombre de militants arabes dans leurs pays respectifs – de soutenir le terrorisme ou des organisations terroristes ».

« La résistance non-violente de Shireen Issawi forme un maillon de la chaîne d'une tradition longue et honorable qui comprend, non seulement des noms que nous connaissons tous, tels que Gandhi et Martin Luther King, mais aussi et plus significativement, tous les Palestiniens anonymes qui ont mené une lutte collective non-violente héroïque contre l'occupation israélienne au cours de la première Intifada, qui a commencé il ya 27 ans, le 9 décembre 1987 », a déclaré l'expert du conflit israélo-palestinien, Norman Finkelstein. « La volonté inflexible de Shireen Issawi dans une cause juste est un exemple éloquent, pas seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour tous ceux qui cherchent à faire de ce monde un monde meilleur ».

« Shireen Issawi est une défenseuse des droits de l'homme courageuse, déterminée et inspirante, qui a consacré sa carrière professionnelle en tant qu'avocate à la longue lutte du peuple palestinien pour la liberté et l'autodétermination », a ajouté l'ancien Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens territoires occupés depuis 1967, Richard Falk. « En honorant Shireen Issawi nous exprimons notre engagement à la non-violence comme voie de la paix fondée sur les droits et la justice, et sur l'égalité des deux peuples. [...] Alors que nous l'honorons, nous cherchons également à rappeler au monde qu'il est grand temps de mettre fin à l'épreuve de l'injustice infligée au peuple palestinien dans son ensemble ».

« Israël a annexé le territoire de Jérusalem-Est, mais pas les Palestiniens qui y sont nés et y vivent », a expliqué Haneen Zoabi, qui a récemment été interdite de toute activité parlementaire pendant six mois pour avoir suggéré que la résistance palestinienne était une lutte légitime. « Un tiers des habitants de la ville sont des gens sans citoyenneté. Ils vivent dans un pays qui considère leur territoire comme le leur mais ne les considère pas comme en faisant partie ».

« En 1989, à la chute du mur de Berlin, nous avons dit 'plus jamais' des murs qui séparent des peuples. Maintenant il y a des murs partout, des murs qui, non seulement séparent deux peuples et deux cultures, mais aussi rendent la construction d'une paix durable impossible », a poursuivi l'ancienne membre du Parlement suisse et du Conseil de l'Europe, Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Dans un discours émouvant, elle a rappelé les nombreux cas où la communauté internationale avait dit « jamais plus », comme après la Shoah, qui avait conduit à l'adoption du système international des droits de l'homme – un système qui ne devrait jamais être pris pour acquis. « [En Suisse] nous sommes libres ; mais c'est de vous [Shireen] que nous apprenons combien il est important de se battre pour la protection des droits humains ».

Dans une lettre écrite de sa cellule d'isolement le 6 novembre et lue par sa mère, Layla Issawi, à la cérémonie du Prix Alkarama, Shireen a déclaré: « Certains croient que le peuple palestinien est vaincu parce qu'il vit sous l'occupation. Leur hypothèse est loin de la vérité. Ceux qui défendent leur droit inaliénable à la liberté et à la dignité ne sont pas vaincus. Au contraire, aussi inhumaine soit l'occupation et sa capacité à arrêter, tuer et détruire, ces hommes doivent avoir la force et le courage de continuer jusqu'à ce qu'ils obtiennent leur liberté ». Remerciant « tous les hommes libres dans le monde qui se sont réunis autour de la juste cause des Palestiniens », Shireen a plaidé pour « un monde dans lequel les gens peuvent vivre libres, avec dignité et espoir ».

S'exprimant au nom de sa fille, Tarek Issawi a fait écho aux mots de sa fille: « Nous, en Palestine, défendons la dignité de notre peuple, et ce malgré la grande injustice que nous impose la colonisation. Nous sommes certains que notre lutte est juste, et nous remercions toutes les personnes libres de ce monde pour leur soutien continu ».

Clôturant la cérémonie, l'Expert Indépendant des Nations Unies pour la promotion d'un ordre démocratique et équitable, Alfred-Maurice de Zayas a salué « le courage et la persévérance » de Shireen et de sa famille, et mis l'accent sur le droit essentiel du peuple palestinien à l'auto-détermination : « Tous les experts de droit international reconnaissent le droit à l'auto-détermination, un droit contraignant, stipulé dans la Charte des Nations Unies, dans l'Article 1 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et dans l'Article 1 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. L'Assemblée Générale des Nations Unies a reconnu le droit du peuple palestinien à disposer d'eux-mêmes, et cela à plusieurs reprises. Hélas, depuis 67 ans, vous souffrez l'expulsion, l'occupation, l'humiliation et l'injustice. Cependant, vous avez gardé votre honneur, votre identité, votre dignité, et votre volonté de vivre. Les hommes et les femmes de bonne volonté vous souhaitent un État libre et indépendant où vous pourrez enfin exercer vos droits et joindre toutes les autres nations du monde en solidarité internationale. Espérons que vous aurez justice et paix dans un futur prochain. Vous le méritez. »

La cérémonie a attiré plus d'une centaine de personnes au Centre œcuménique de Genève et été regardé par plus de 150 autres personnes sur le site de retransmission en direct d'Alkarama.

Pour plus d'informations sur la lauréate, veuillez cliquer ici : http://bit.ly/1r46pdh
Ou regarder ce documentaire 12min ici : http://bit.ly/16oeBgk 

Vous pouvez aussi regarder toute la cérémonie sur le lien suivant : http://youtu.be/wLKqde508L8

Pour des photos, citations ou un entretien avec l'un des intervenants, veuillez contacter:
Colombe Vergès, Coordonnatrice du Département Communication: c.verges@alkarama.org / 41 79 129 79 15
Hassan Nouhaili, Rédacteur des Médias arabes: h.nouhaili@alkarama.org / 41 22 734 10 06

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