Le 21 septembre 2026, le monde célèbre la Journée internationale de la paix, proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 55/282 du 7 septembre 2001. Cette journée a été instituée afin de promouvoir une journée mondiale de cessez-le-feu et de non-violence, notamment à travers l’éducation et la sensibilisation du public, et de favoriser les efforts en faveur d’un cessez-le-feu partout dans le monde.
Le monde arabe demeure l’une des régions les plus durement touchées par les guerres et les conflits armés. Selon l’Indice mondial de la paix 2026, publié par l’Institut pour l’économie et la paix, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord restent la région la moins pacifique au monde. Cette situation s’explique notamment par les guerres et les violences qui continuent de ravager le Soudan, le Yémen, la Syrie, la Palestine, l’Irak, le Liban et la Libye.
La paix et les droits humains sont indissociables. Les guerres et les conflits armés donnent lieu à de graves violations des droits fondamentaux, à commencer par le droit à la vie et à l’intégrité physique. Ils entraînent également des déplacements et des transferts forcés de population, exposent particulièrement les groupes les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants, et provoquent l’effondrement des services essentiels. Pour de nombreuses populations, ils signifient la perte des conditions les plus élémentaires d’une vie digne, avec des conséquences psychologiques qui peuvent se prolonger bien au-delà de la fin des hostilités. À l’inverse, aucune paix durable ne peut être établie sans le respect des droits humains et de la dignité de chacun, de l’égalité devant la loi et de l’égalité des chances. La paix ne peut s’inscrire dans la durée lorsque la force l’emporte sur le droit et que les principes de justice sont marginalisés.
Cette année, les Nations Unies ont retenu le thème « Investir dans la paix : pour tous, partout, chaque jour ». Comme le souligne l’Organisation, « La paix est plus que l’absence de guerre ; c’est le fondement indispensable pour relever collectivement les défis de l’humanité. C’est l’expérience vécue de la sécurité, de la dignité, des opportunités et de la coopération dans notre vie quotidienne. ».
Dans le cadre de son travail auprès des mécanismes des Nations Unies, Alkarama a documenté de graves violations des droits humains commises dans le contexte de conflits armés. Celles-ci vont des exécutions extrajudiciaires aux disparitions forcées et aux actes de torture perpétrés par différentes parties au conflit, en passant par le recrutement forcé d’enfants par des groupes armés non étatiques.
Au Soudan, Alkarama a documenté des enlèvements, des disparitions forcées et des actes de torture imputés aux Forces de soutien rapide, qu’elle considère comme relevant de pratiques systématiques plutôt que d’incidents isolés.
Le peuple palestinien, quant à lui, continue de subir des formes extrêmes de violence et des crimes internationaux susceptibles de constituer des crimes de guerre et un génocide au regard du Statut de Rome. La paix ne saurait par ailleurs être dissociée du respect des libertés civiles et de la participation politique. En 2025, l’indice de démocratie de la région arabe ne s’élevait qu’à 3,16 sur 10, soit un niveau inférieur au seuil correspondant aux régimes autoritaires.
Alkarama, qui œuvre en faveur de la paix dans les sociétés arabes à travers la défense des droits humains, suit avec une profonde préoccupation la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les pays arabes touchés par les conflits armés. Elle réaffirme que la paix est une nécessité fondamentale pour les individus comme pour les peuples et qu’elle constitue un droit humain essentiel. Une paix véritable et durable ne pourra être instaurée à l’échelle mondiale qu’à condition de garantir le respect de la justice, de la dignité et de l’égalité de tous les individus et de tous les peuples devant le droit international.
Alkarama appelle à mettre fin à l’impunité et à garantir que les responsables répondent de leurs actes, à établir le sort des personnes victimes de disparition forcée, à libérer les personnes détenues arbitrairement et à assurer la protection des défenseurs des droits humains ainsi que de toutes les personnes qui coopèrent avec les Nations Unies et ses mécanismes contre tout acte de représailles.