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Alors qu'elle retrouvait des amis dans un café de Jaramana, petite ville située à quelques kilomètres de Damas, Hanadi Zahlout s'est fait arrêter ce 4 août par des agents des services de sécurité. Âgée de 29 ans, elle s'était investie dans la coordination des manifestations et militait pour les droits des femmes à travers les réseaux sociaux.

Mustafa Osso, avocat et défenseur des droits de l'homme syrien, risque des sanctions disciplinaires par l'Association du barreau d'Al-Haska pour les positions critiques qu'il a adoptées sur la répression des manifestants.

Fervent défenseur des droits des prisonniers politiques, Mustafa Osso est directeur du conseil d'administration de l'organisation kurde pour la défense des droits de l'homme et des libertés publiques en Syrie. Le 19 mars dernier, il avait boycotté avec dix-neuf de ses confrères la Cour Suprême de la Sécurité d'Etat pour protester contre son illégalité.

Georges Sabra, dirigeant du Parti démocratique du peuple syrien, principal mouvement d'opposition au régime, est depuis plusieurs années, victime de persécutions de la part des autorités. Arrêté une première fois le 24 mars 2008 et une seconde le 10 avril 2011, il vient de l'être pour la troisième fois en trois ans le 21 juin dernier, un mois après avoir été libéré.

Awad Jassem Al-Abbas, 36 ans, habite avec sa femme et ses quatre enfants à Al-Dmaier, Reef Damas, en Syrie. Le 14 mai 2011, une cinquantaine d'agents des services de renseignement des forces aériennes de Damas ont débarqué chez lui sans mandat d'arrêt ou de perquisition pour arrêter son frère Hussein, un militant politique qui a participé dernièrement à l'organisation de manifestations pacifiques dans la banlieue de Damas. Hussein était absent ce jour-là. Aussi, les agents ont "pris en otage" Awad et l'ont emmené vers une destination inconnue.

Banias, le 28 mai 2011. Il est trois heures de l'après-midi quand Issam Sayouh, agent de la sécurité militaire, se présente chez Annas Darwish Ammar accompagné de dix hommes qu'il fait attendre au bas de l'immeuble pour n'éveiller aucun soupçon. Avant que les manifestations ne commencent, Issam Sayouh travaillait à la raffinerie de Banias avec le père de celui qu'il s'apprête à arrêter.

 

Depuis le début des manifestations, le nombre d'arrestations suivies de disparitions forcées de manifestants et de militants pacifiques ne cesse d'augmenter dans le cadre d'une vague de répression menée par les autorités syriennes. Cette pratique, qui tend à se systématiser, expose les détenus enlevés à un risque accru de tortures.

 

 

Depuis le début des manifestations en Syrie, des centaines de détentions arbitraires, de disparitions forcées et de violations des droits de l'homme ont été, et continuent d'être commises par les autorités dans l'impunité la plus totale.

Alkarama s'est récemment rendue dans les régions de Wadi Khaled et d'Akkar, au nord du Liban, où de nombreux Syriens se sont réfugiés depuis le début des manifestations. Cette visite nous a permis de récolter des informations sur les violations des droits de l'homme en Syrie dont ont témoigné ou souffert ces personnes. Pour des raisons de sécurité, leur identité ne peut pas être dévoilée.

Aux milliers de violations des lois internationales commises par les autorités syriennes depuis le début des événements s'ajoutent les cas de treize défenseurs des droits de l'Homme, membres de l'Organisation démocratique assyrienne (ODA), persécutés par les services de sécurité.