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اليوم الدولي للديمقراطية

Le 15 septembre 2026 marque la Journée internationale de la démocratie, proclamée par les Nations unies dans leur résolution 62/7 de l’Assemblée générale, adoptée le 8 novembre 2007, afin de promouvoir les systèmes démocratiques. La démocratie repose sur un ensemble de droits humains, au premier rang desquels figurent les droits civils et politiques, notamment la liberté d’expression, la liberté d’association, le droit à des élections libres et l’indépendance de la justice. La promotion de ces droits dans le monde arabe constitue l’une des principales missions d’Alkarama depuis sa création. 

La situation de la démocratie dans le monde arabe ne cesse de se dégrader depuis plusieurs années, comme en témoignent les différents indices internationaux spécialisés. Selon l’Economist Intelligence Unit, l’unité de recherche et d’analyse du groupe The Economist, l’indice de démocratie dans le monde arabe pour 2025 figure parmi les plus faibles au monde, avec un score de seulement 3,16 sur 10, soit un niveau inférieur à 4, seuil en dessous duquel les régimes sont classés comme « autoritaires ». Cet indice prend en compte le processus électoral et le pluralisme, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique, la culture politique et les libertés civiles. À titre de comparaison, la moyenne mondiale s’établit à 5,19, contre 8,43 en Europe occidentale, 8,37 en Amérique du Nord, 5,71 en Amérique latine et dans les Caraïbes, 5,33 en Europe de l’Est et en Asie centrale, 5,27 en Asie et en Australasie, et 4 en Afrique subsaharienne. 

Le niveau particulièrement faible de l’indice de démocratie dans le monde arabe reflète la situation catastrophique des droits civils et politiques dans la plupart des pays de la région. Les régimes y sont marqués par l’autoritarisme et la répression, les libertés sont étouffées, les espaces politiques et médiatiques se réduisent et des citoyens sont arrêtés pour la moindre expression d’une opinion dissidente. Depuis plus de deux décennies, les archives d’Alkarama, qui documentent ces situations et portent des affaires devant les mécanismes des Nations unies relatifs aux droits humains, témoignent de manière récurrente de ce schéma structurel de répression à travers la région. 

Aux Émirats arabes unis, par exemple, des dizaines de personnes détenues dans le cadre des affaires dites « UAE94 » et « UAE84 » demeurent en détention arbitraire, certaines alors même qu’elles ont déjà purgé les peines initialement prononcées à leur encontre. Cette campagne de représailles s’est également étendue aux enfants des détenus eux-mêmes. Le rapport annuel d’Alkarama pour 2026 a en outre documenté des actes de représailles visant des opposants et des défenseurs émiratis des droits humains au-delà des frontières du pays, notamment au moyen de fausses notices de renseignement utilisées pour les entraver dans les pays où ils ont trouvé refuge. 

Cet exemple n’est qu’un aperçu de ce qu’Alkarama a documenté dans les différents pays arabes à travers des milliers de plaintes et de communications urgentes adressées au Groupe de travail sur la détention arbitraire et aux procédures spéciales des Nations unies. Ces dossiers mettent tous en évidence un schéma récurrent de fermeture de l’espace civique et politique, de criminalisation des opinions dissidentes et d’impunité des auteurs de violations, ce qui explique que la majorité des pays arabes soient classés parmi les « régimes autoritaires » dans les indices internationaux. 

Depuis sa création, Alkarama s’emploie à fournir une assistance juridique aux victimes de la répression dans le monde arabe, à soumettre des plaintes les concernant aux mécanismes des Nations unies relatifs aux droits humains et à sensibiliser à la culture des droits humains. À l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, elle rend hommage à toutes celles et tous ceux qui défendent les droits des citoyens arabes et œuvrent en faveur du changement démocratique et de l’instauration d’un État de droit respectueux des droits civils et politiques de ses citoyens. 

À l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, Alkarama renouvelle son appel à la libération immédiate de toutes les personnes détenues en raison de leurs opinions exprimées pacifiquement. Elle demande aux gouvernements arabes d’ouvrir les espaces politiques et civiques à leurs citoyens, de garantir l’indépendance de la justice et d’organiser des élections libres et équitables, afin de permettre une véritable réforme démocratique et de sortir la région des derniers rangs auxquels elle demeure cantonnée dans les classements mondiaux de la liberté et de la démocratie.