Liban : Torture et risque de procès inéquitable; le calvaire de deux citoyens syriens

Jemaa Ahmad Massini et Alaeddine Moussa Ibrahim sont deux jeunes Syriens résidant au Liban. Ils ont été arrêtés en février 2009 dans les rues de Dora, au Nord-Est de Beyrouth, par des agents des forces de sécurité intérieure.

Détenus au secret, ils auraient alors fait l'objet d'actes de torture d'une particulière violence, en vue de leur soutirer des aveux. Sans contact avec l'extérieur et sans aucune assistance juridique, les deux jeunes gens auraient fini par céder, après huit jours de traitements inhumains, et signer des documents qui ont ensuite été présentés à la Justice libanaise comme des aveux.

Ils ont alors été transférés à la prison de Roumieh où ils restent détenus à ce jour. Après 52 mois de détention arbitraire, ils ont enfin été formellement inculpés et déférés devant une juridiction pour y être entendus. Ils restent cependant dans l'attente de leurs procès. Alkarama et le Centre Libanais des droits humains craignent que les « aveux » obtenus de leur part par les autorités ne soient à présent utilisés contre eux à l'occasion de leur procès et que cela les mènent à subir une lourde condamnation.

En ce sens, une communication jointe a été transmise aux organes des Nations Unies compétents pour appeler les autorités libanaises à mettre un terme définitif à la torture et à l'impunité de ses auteurs. Une enquête impartiale et exhaustive sur les actes dont Jemaa et Alaeddine ont été victimes devrait être menée par les autorités, en plus de garantir que leur procès respecte les standards internationaux.

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