Le 13 octobre 2026, l’Assemblée générale des Nations Unies a élu le Koweït et la Jordanie membres du Conseil des droits de l’homme pour la période 2027-2029, avec respectivement 173 et 171 voix. Cette élection permet au Koweït d’entamer un deuxième mandat consécutif. Ces deux pays rejoindront ainsi l’Égypte et l’Irak, dont les mandats courent jusqu’en 2028, ainsi que le Qatar, membre du Conseil jusqu’en 2027.
La présence de ces États arabes au sein du Conseil leur confère une responsabilité collective : faire de leur mandat un véritable levier d’amélioration de la situation des droits humains, plutôt qu’un moyen de se soustraire à l’obligation de rendre des comptes.
Alkarama rappelle que siéger au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies ne saurait être considéré comme une reconnaissance de la conformité de la situation nationale aux normes internationales. Cette fonction implique au contraire une responsabilité particulière : veiller à ce que les pratiques nationales soient cohérentes avec les engagements pris sur la scène internationale.
Les États concernés doivent ainsi garantir les libertés d’expression et de réunion pacifique, assurer la protection des journalistes et des défenseurs des droits humains, coopérer pleinement avec les procédures spéciales et les mécanismes onusiens, et donner suite aux recommandations formulées dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU). Pourtant, le bilan des États arabes actuellement membres du Conseil ne fait apparaître aucune avancée tangible en matière de droits humains.
Alkarama entend poursuivre son action en faveur du renforcement des mécanismes onusiens de protection des droits humains. À cette fin, elle continuera de soumettre des cas individuels aux procédures spéciales et aux organes conventionnels, de contribuer à l’Examen périodique universel et de documenter les violations commises dans le monde arabe. Elle invite les États nouvellement élus à faire preuve d'une réelle volonté de coopération avec ces mécanismes, en répondant de manière circonstanciée aux communications qui leur sont adressées, en donnant suite aux demandes de visite et en mettant en œuvre les recommandations formulées, plutôt qu’en se limitant à une coopération de façade.
Alkarama appelle les États arabes membres du Conseil à mettre leur mandat au service d’une amélioration effective de la situation des droits humains dans la région. Ils sont appelés à faire preuve d’exemplarité sur leur propre territoire et à défendre les droits des victimes dans les enceintes internationales. La légitimité de leur présence au Conseil se mesurera aux réformes effectivement engagées et aux réponses apportées aux demandes de liberté, de justice et de réparation des victimes et de leurs proches.
Le Conseil des droits de l’homme constitue une enceinte multilatérale chargée d’examiner les violations des droits humains et les situations nationales dans différents pays. Il est également habilité à intervenir face aux situations d’urgence en matière de droits humains et à formuler des recommandations visant à renforcer le respect de ces droits dans la pratique.
L’Examen périodique universel constitue à cet égard l’une des principales missions du Conseil. Il s’agit du seul mécanisme onusien qui soumet l’ensemble des États, sans distinction, à un examen par leurs pairs tous les quatre ans et demi. À l’issue de cet exercice, les États reçoivent des recommandations publiques dont la mise en œuvre revêt un caractère politiquement contraignant. L’EPU permet également aux organisations de la société civile et aux victimes de porter leurs préoccupations à l’attention des États chargés de l’examen. Il offre ainsi un cadre permettant d’évaluer concrètement les engagements pris par les gouvernements et de les tenir responsables de leur mise en œuvre.
Dans le monde arabe, le Soudan et la Syrie seront examinés en janvier 2027, puis l’Algérie, le Bahreïn, le Maroc et la Tunisie en novembre de la même année. Les Émirats arabes unis passeront quant à eux devant le Conseil en mai 2028. Alkarama invite ces États à prendre cet exercice au sérieux, en organisant de véritables consultations nationales avec la société civile, en présentant des rapports nationaux reflétant fidèlement la situation des droits humains, en acceptant les recommandations de fond et en assurant leur mise en œuvre. L’EPU ne doit pas se réduire à un exercice de pure forme, sans suites concrètes au-delà de la session d’examen.
Il convient de rappeler que les sièges au Conseil sont répartis selon le principe d’une représentation géographique équitable : le Groupe des États d’Afrique dispose de 13 sièges, le Groupe des États d’Asie et du Pacifique de 13 sièges, le Groupe des États d’Europe orientale de 6 sièges, le Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes de 8 sièges, et le Groupe des États d’Europe occidentale et autres États de 7 sièges.