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Algérie : Arrestation arbitraire du chanteur Reda City 16 soupçonné de lien avec le cyber activiste Amir DZ

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Le chanteur Reda Hamimed se trouve actuellement en détention préventive à la prison d’El Harrach. Il est accusé d’entretenir des liens avec le blogueur Amir Boukhors, connu en Algérie sous le nom d’Amir DZ. Ce dernier dénonce régulièrement sur sa page Facebook des affaires de corruption touchant de hauts dignitaires algériens au grand dam des autorités.

Estimant qu’il s’agit d’une tentative détournée d’entraver la liberté d’expression d’une voix critique et dissonante, Alkarama a adressé un appel urgent au Rapporteur spécial de l’ONU sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression (FRDX) le 1er novembre 2018.

Cette communication vient s’ajouter à celle soumise il y a quelques jours par Alkarama au nom de M. Boukhors dont les proches ont également été la cible de mesures de représailles. Pour rappel, son frère a notamment été arrêté à Takhmaret le même jour que Reda Hamimed avant d’être transféré vers la capitale, au siège national de la gendarmerie de Bab Jdid.

Le 13 octobre 2018, Reda Hamimed se rendait à son domicile à Draria, situé dans la banlieue d’Alger, lorsque sa voiture a été interceptée par deux véhicules de la gendarmerie nationale. Les gendarmes l’ont mis en joue avec leurs armes avant de procéder à son arrestation sans mandat.

Il a été conduit au siège de la direction nationale de la gendarmerie où il a été interrogé sur ses liens avec Amir DZ ainsi que sur leurs rencontres à Paris. Dans le même temps, son domicile a été perquisitionné par les gendarmes qui ont retrouvé de faux billets de banque. Ces coupures grossières et imprimées sur une seule face avaient été utilisées lors du tournage de la série télé El Khawa 2 dans laquelle M. Hamimed avait joué récemment le rôle d’un bandit.

Présenté devant le procureur de la république le 18 octobre 2018, Reda Hamimed a été inculpé de « chantage » et « contrefaçon de billets de banque ». Ce dernier chef d’inculpation est passible de la prison à vie.

L’arrestation de M. Hamimed s’inscrit dans le cadre d’une vague de répression visant des personnes aux profils divers, soupçonnés d’entretenir des liens réels ou supposés avec le blogueur. Ainsi, les journalistes et éditeurs de presse électronique, MM. Abdou Semmar, Adlène Mellah et Merouane Boudiab, ont été arrêtés entre les 22 et 24 octobre 2018. L’ancien joueur de football du MC Alger M. Fodil Dob et le comédien Kamel B. figurent également parmi les personnes arrêtées sous prétexte d’avoir eu des relations amicales avec le blogueur.

Ces arrestations témoignent d’une volonté des autorités de réduire à néant toute liberté d’expression sur la toile et induire un sentiment de peur pour tous les usagers des réseaux sociaux en Algérie.

Dans sa plainte au Rapporteur spécial de l’ONU, Alkarama appelle ce dernier à enjoindre aux autorités algériennes de libérer immédiatement Reda Hamimed. Ces dernières ont l’obligation légale de s’abstenir de toutes pressions exercées sur des tiers susceptibles d’entraver l’exercice pacifique du droit à la liberté d’expression d’Amir DZ en conformité avec l’article 19 du Pacte international des droits civils et politiques (PIDCP) ratifié par l’Algérie en 1989.

Pour plus d'informations ou une interview, veuillez contacter media@alkarama.org (Dir: +41 22 734 10 08).

 

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